Tricastin, sécheresses du Rhône

« Absence de neige au printemps, des sécheresses sévères en été : les cours d’eau n’échappent pas au réchauffement climatique. Le Rhône a ainsi vu sa température grimper de 2 0C à son aval depuis 1977. Cet accès de fièvre atteint 3 0C par endroits lors des saisons les plus chaudes. » Des chiffres qui ont conduit l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse à lancer l’alerte fin 2012. Le plus puissant fleuve de France a beau atteindre un débit de 1 700 m3 par seconde à son embouchure, il pourrait connaître des étiages catastrophiques. 

Le Rhône, que viennent gonfler au printemps ses affluents de montagne, va subir de plein fouet les modifications du climat dans les Alpes. La neige va tomber en couche moins épaisse, fondre plus tôt et céder sa place à la pluie. Le fleuve devrait en conséquence connaître des crues sévères à la fin de l’hiver et de longues périodes de sécheresse jusqu’à l’automne.

(Le monde 4 octobre 2012, le Dauphiné 6 novembre2012)

Cette étude a fait réagir EDF, l’ASN et le gouvernement. Actuellement, aucun rejet liquide radioactif issu des centrales nucléaires n’est possible si le débit du Rhône est inférieur à 500 m³/s (Déjà en juin 2011 le débit ne dépassait pas 350 m³/s).

Le gouvernement vient donc de modifier les décrets du 7 novembre 2003, sur proposition de l’ASN, afin de porter les autorisations de rejets liquides de la centrale de CRUAS à un débit moindre de 300 m³/s à l’image de ce qui est déjà réalisé sur le CNPE du Tricastin. (Arrêté du 30 avril 2013 portant homologation de la décision no 2013-DC-0334 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 14 février 2013 fixant les limites de rejets dans l’environnement des effluents liquides et gazeux des installations nucléaires de base no 111 et no 112 exploitées par Electricité de France-Société anonyme (EDF-SA) sur les communes de Cruas, Meysse (Ardèche) et La Coucourde (Drôme). JO du 17 mai 1013.)

Cette décision, a fait l’objet d’un débat en commission locale d’information (CLI) de CRUAS Meysse, présidée par Monsieur Pascal TERRASSE, Président du Conseil Général, le 13 avril 2012. La CLI mettait plusieurs conditions à cette autorisation permanente.

– éviter le plus possible ces rejets par des dispositions d’optimisation de production d’effluents et de remplissage des capacités d’entreposage,

– ne procéder à ces rejets que si la capacité d’entreposage est inférieure au tiers de la capacité nominale,

– respecter le principe d’isoconcentration (concentration identique à celle rencontrée si le rejet avait été effectué à 500m3/s).

Des conditions qui ont disparue du décret publié le 17 mai 2013 et qui vont permettre à EDF de rejeter ses déchets liquides tant à Cruas qu’au Tricastin dans un Rhône à faible débit. Une étude réalisée en 2007 à la demande du conseil régional Rhône-Alpes, par la CRIIRAD (Étude 10-140, bientôt accessible sur le site de la CRIIRAD) montrait déjà une augmentation importante de Tritium dans le Rhône en aval de cette dernière centrale.

SDN 26/07 réitère donc ce que nous écrivions le mardi 12 juillet 2011 : « Augmenter l’irradiation des fleuves, de l’environnement, des nappes phréatiques, de la chaîne alimentaire est inadmissible et met en danger les populations ».

En conséquence Sortir du Nucléaire Drôme – Ardèche, appelle l’ensemble des associations, des organisations syndicales paysannes, et les municipalités riveraines à refuser ces rejets radioactifs et à manifester leur désaccord auprès des préfectures, d’EDF et de l ‘ASN.

Tricastin bon élève ?

Dans une interview au Dauphiné daté du 31 mai 2013 de M Grégoire Deyirmendjian chef de la division de Lyon de l’ASN le rédacteur titre « Tricastin bon élève ». Ce titrage est assez surprenant car rien dans les déclarations du responsable de l’ASN et rien surtout dans le bilan 2012 de l’ASN ne permet de confirmer une telle affirmation.

Si Tricastin ne figure plus dans le peloton de queue du bilan annuel de l’ASN, c’est tout simplement parce que les conditions de sécurité de plusieurs centrales et usines nucléaires se sont sérieusement dégradées l’an dernier. Le chef de la division de Lyon de l’ASN cite entre autre la centrale de CRUAS et l’usine FBFC de Romans sur Isère. Tricastin ne doit donc sa « remontée » dans le classement qu’à la baisse de la sécurité dans les autres centrales.

Pour preuve dans le même journal une brève concernant le réacteur N°2 du Tricastin montre que ce site nucléaire continue régulièrement à afficher des incidents de niveau 1.

Site nucléaire ancien (32 ans de fonctionnement), Tricastin cumule une centrale électrique fonctionnant au plutonium et de nombreuses entreprises classée Sévéso. Le démantèlement de l’usine Georges Besse 1 va en outre provoquer de nombreux rejets de déchets chimiques et radioactifs dans le Rhône (JO du 25 mai 2013 page 8673, Décret n° 2013-424 du 24 mai 2013 autorisant la création par la société Eurodif-Production d’une usine de séparation des isotopes de l’uranium par diffusion gazeuse sur le site du Tricastin).

C’est pourquoi SDN 26/07 membre du collectif STOP Tricastin exige son arrêt immédiat.

Communiqués de presse lundi 3 juin 2013

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