Les règles de sûreté nucléaire sont-elles facultatives dès qu’il fait froid ?

soleil_poing.JPG

C’est aujourd’hui mercredi 18 janvier que le Conseil d’Etat, saisi par l’Observatoire du nucléaire, s’est prononcé sur la demande d’arrêt de 3 réacteurs nucléaires (Tricastin 3, Gravelines 2 et Dampierre 3) dont l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a autorisé la remise en service alors qu’ils sont dotés de générateurs de vapeur défectueux.

La décision du Conseil d’Etat tout aussi irresponsable que celle de l’ASN a été prise sous la pression d’EDF, qui est confrontée à une augmentation de la consommation d’électricité du fait de la baisse des températures. La question est donc clairement posée aujourd’hui : les règles de sûreté nucléaire sont-elles facultatives dès qu’il fait froid ? La baisse des températures est-elle un argument suffisant pour mettre, plus encore que d’habitude, la population sous la menace imminente d’une catastrophe nucléaire ?

Lors de l’audience qui s’est tenue vendredi 13 janvier, l’Observatoire du nucléaire a demandé au Conseil d’Etat de contraindre EDF et l’ASN à respecter leurs propres préconisations et à rejeter le véritable « bricolage » avancé pour justifier la remise en service des réacteurs concernés : la mise en œuvre de "mesures compensatoires" et de "dispositions complémentaires" supposées éviter les situations au cours desquelles les générateurs de vapeur seraient amenés à rompre.

L’acier des générateurs de vapeur concernés comporte des zones où la concentration en carbone monte jusqu’à 0,39%, un taux très largement supérieur à la limite maximale de 0,22% exigée, ce qui entraîne une importante fragilité de ces pièces.

Or, les documents officiels de sûreté nucléaire précisent que la rupture d’un générateur de vapeur est «exclue», ce qui signifie qu’elle ne doit sous aucun prétexte se produire : aucune parade n’est alors possible et la situation peut très vite évoluer vers une catastrophe équivalente à celle de Fukushima.

Cette situation est comparable à celle d'une voiture délabrée qui serait autorisée à rouler... en demandant au conducteur d'accélérer et décélérer le plus doucement possible, et en espérant qu'aucun obstacle n'oblige à freiner d'urgence…

Il est donc clair que les citoyens ne peuvent en aucun cas faire confiance aux dirigeants d’EDF et de l’ASN qui s’autorisent à relancer des réacteurs qui devraient rester arrêtés.

Stop nucléaire Drôme Ardèche demande au préfet de la Drôme qu’il ordonne l’arrêt immédiat du réacteur 3 du Tricastin.


Contacts :

Pierric Duflos, 06 28 34 73 32

Christine Malfay-Régnier, 06 08 40 33 09

Dominique Malvaud, 06 72 07 76 42

Ce billet n'a pas de rétroliens

URL de rétrolien : http://www.sdn26-07.org/leblog/index.php?trackback/597