Communiqué de presse : Bilan 2015 de l'exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France ( IRSN )

Le bilan 2015 de l'exposition professionnelle aux rayonnements ionisants en France vient d’être publié le 6 septembre 2016 par l’Institut de Radioprotection et de Sûret

​é Nucléaire ( IRSN ).​

Que constate ce bilan ?

« L’effectif suivi en 2015 dans le cadre des activités soumises à autorisation ou à déclaration est en augmentation de 1,7 % par rapport à 2014, avec 365 830 travailleurs (…) à l’exception de l’industrie non nucléaire dont l’effectif a crû de plus de 9% en 2015. »

Ainsi d’année en année,​ se confirme l’extension du domaine du nucléaire dans de multiples secteurs professionnels et de façon accélérée dans des secteurs (transport, protection, industrie….) qui n’y sont pas préparés et dont les salariés sous-estiment bien souvent la dangerosité. Par exemple dans les transports, conducteurs, agents de manœuvre, agents de chargement, personnels des autoroutes

 peuvent ​ignorer​ travailler régulièrement auprès d’installations ou de convois radioactifs.

Parmi les 14 138 travailleurs ayant reçu plus de 1 mSv (limite annuelle réglementaire fixée pour la population générale), 2 606 travailleurs ont reçu une dose supérieure à 5 mSv. Une dose externe annuelle supérieure à 20 mSv (limite réglementaire de la « dose efficace » fixée pour les travailleurs) a été enregistrée pour 2 travailleurs.​

La CRIIRAD dans un document daté du 7 août 2015 souligne : « Cette limite (1 mSv ) n’est pas un"seuil d’innocuité". Elle constitue la limite au-delà de laquelle le risque de cancer à long terme est considéré comme "inacceptable" par la CIPR (Commission internationale de protection radiologique). Cette valeur de 1 milliSievert par an correspond, selon l’évaluation de 2007 de la CIPR, à 17 cancers pour 100 000 personnes exposées. Mais en fait, toute dose augmente les risques. »

Ainsi dépasser 1mSv par an n’est pas anodin et est comparable à la situation de ces dizaines de milliers de salariés et leurs familles qui ont été exposés à des particules d’amiante et qui, 30 ans plus tard, ont développé des asbestoses et des cancers du poumon.

Fait accablant, tous les travailleurs ne sont pas pris en compte dans ce rapport. Dans la sous-traitance, 85 % des entreprises qui ne déclarent pas l'activité réelle des travailleurs ont 5 travailleurs ou moins.

Par ailleurs, de nombreux travailleurs sous-traitants du nucléaire cachent leurs surdoses afin d’éviter de perdre leur emploi, sans parler des effectifs de police et de gendarmerie non comptabilisés et stationnés des heures durant, auprès de convois radioactifs.

Pour l’amiante, il a fallu des centaines de procès pour faire reconnaître les maladies professionnelles ( sans parler du​ préjudice d’anxiété quand on a été exposé à des produits cancérigènes ). Il en sera de même pour tous les salariés exposés aux rayonnements ionisants.

La solution,​ c’est la CRIIRAD qui la donne : étant donné que « toute dose de rayonnement entraîne un risque », « plus la dose est faible, plus faibles sont les risques. » En effet, et la dose la plus faible c’est celle qui n’est pas produite.

L’arrêt du nucléaire,​ le plus urgemment possible, défendu par STOP nucléaire 26/07 et le collectif Arrêt du nucléaire, souvent invoqué à cause du risque de catastrophe nucléaire, l’est aussi à cause des dangers qui pèsent sur des centaines de milliers de salariés dans ce qu’on appelle « le fonctionnement normal des installations ».


CRIIRAD :
http://www.criirad.org/faq/tchernobyl/contamination-sols-montagne.html

IRSN :
http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Communiques_et_dossiers_de_presse/Pages/20160906_IRSN-bilan-2015-expositions-travailleurs-rayonnements-France.aspx#.V9_i4a3RTfY



Ce billet n'a pas de rétroliens

URL de rétrolien : http://www.sdn26-07.org/leblog/index.php?trackback/557